Je ne vous parle qu’assez rarement de la gamme LEGO Technic sur le blog, mais j’apprécie tout de même celle-ci notamment pour les quelques modèles d’exception qu’elle nous propose de temps à autres. LEGO nous propose ainsi régulièrement dans cette gamme des supercars à l’échelle respectable et je vous propose de découvrir la dernière d’entre elles, sortie en milieu d’année dernière. Pour l’occasion, LEGO s’est associé avec un constructeur italien de légende : découvrons ensemble le set LEGO Technic 42115 Lamborghini Sián FKP 37 !

Informations principales :

Sommaire

Pour rappel, pour les utilisateurs du site sur ordinateur, le sommaire peut être trouvé en bas de la colonne de droite. Pour les autres, et afin de faciliter la navigation dans ce long article, ci-dessous les principales sections :

Boîte et inventaire

Avec ces supercars de la gamme LEGO Technic, l’expérience de construction commence dès le  déballage avec un packaging toujours très soigné. Ici, la face avant de la boîte représente un capot de voiture avec l’écusson Lamborghini. Sur l’une des tranches, on trouve les feux stops, l’échappement et l’inscription Lamborghini dorée. Ce n’est qu’au dos de la boîte qu nous découvrons une photo de notre modèle LEGO sur fond noir, assortie d’un vernis sélectif du plus bel effet.

Lorsqu’on ouvre le couvercle, on découvre 6 boîtes – 2 vertes et 4 noires – reproduisant cette fois-ci l’arrière de la voiture. Ces boîtes sont numérotées et contiennent les sachets de pièces. Une fois ces boîtes retirées, on trouve au fond de la boîte principale deux notices d’instructions. Les deux couvertures forment pour l’une l’arrière de la voiture et pour l’autre l’avant – sur la tranche ces notices sont numérotées.

LEGO ne laisse rien au hasard puisque la face intérieure de la boîte principale est également décorée. On retrouve ainsi un motif récurrent, rappelant les feux caractéristiques de la Lamborghini Sián FKP 37, mais également quelques morceaux de texte ou encore le numéro 63 – porté lui aussi par la vraie voiture sur le côté de l’aileron. Il correspond au nombre de Sián produites.

Les deux notices sont superbes et respirent la qualité. On y découvre aussi bien la genèse du modèle LEGO et la présentation de son designer, Uwe Wabra, que l’histoire de la marque Lamborghini et plus particulièrement du modèle représenté ici. Au fil des pages, des QR codes renvoient vers des vidéos spécifiques thématiques. Elles sont en anglais, mais sont très instructives et bien réalisées si vous êtes à l’aise avec la langue de Shakespeare.

Toutes les pages relatives à la construction sont surmontées d’un liseré blanc, nous indiquant dans quelle boîte de pièces nous nous situons. L’assemblage des pièces de chacune des ces boîtes démarre par une double page présentant l’organe construit, également accompagnée d’un QR code renvoyant vers une vidéo. Vous l’aurez compris, LEGO a mis les petits plats dans les grands pour nous proposer une expérience de construction qui, à ce stade, s’annonce passionnante.

Comme on pouvait s’en douter, l’inventaire est riche de pièces rares voire exclusives – notamment pour les nombreux éléments tampographiés et les nombreuses pièces de couleur lime, plutôt rare chez LEGO.

Pour sauter ce (grand) tableau et passer à la suite, cliquer ici.

nombreimagenomcouleurnombre de sets
1FLAT TILE 2X2, NO. 424noir1
10FLAT TILE 1X2, NO. 291noir1
1PLATE 4X6, W/ 12 KNOBS, NO. 8noir1
2FLAT TILE 1X8, NO. 76noir1
1FLAT TILE 1X4, NO. 150noir1
5FLAT TILE 1X1, ROUND, NO. 146noir1
4PLATE W/ BOW 1X4X2/3, NO. 15rouge1
1FLAT TILE 2X2, NO. 425lime1
1RIGHT PANEL 5X11lime1
5FLAT PANEL 3X11Mlime1
5RIGHT PANEL 3X5lime1
4LEFT PANEL 3X5lime1
5LEFT PANEL 5X7lime1
5RIGHT PANEL 5X7lime1
2LEFT PANEL CURVED 5X13X2, NO. 1lime1
2ANGULAR PANEL 3X5X3 W/ 4.85 HOLElime1
3FLEX ROD 12Mlime1
2FLEX ROD 16Mlime1
8FLEX ROD 19Mlime1
2PANEL CURVED 3X13X2lime1
1LEFT PANEL 5X11lime1
2ROTOR 3X19, W/ 4.85 HOLE, NO. 1lime1
2RIGHT PANEL CURVED 5X13X2, NO. 1lime1
4SHELL, 5X15X2, W/ 4.85 HOLE, NO. 1lime1
2ANGLE ELEMENT, 112,5 DEGR. [5]lime1
1LEFT PANEL 3X5, NO. 1lime1
10ANGLE ELEMENT, 0 DEGREES [1]lime1
4LT SUSPENSIONlime1
45BEAM 1X2 W/CROSS AND HOLElime1
3BEAM 1X2 W/ CROSS AND HOLE, NO. 1lime1
2ANGLE ELEMENT, 180 DEGREES [2]lime1
8TECHNIC LEVER 3Mlime1
4RIM, WIDE, DIA56X34, W/ 4.85 BUSH, NO.2gold ink1
1FLAT TILE 1X4, NO. 149blanc1
19CROSS BLOCK 90°lime2
30BEAM 1X1lime2
10BEAM 1M W/CROSS AXLElime2
3FLEX ROD 7Mlime2
2Shell 3x11x2 Ø 4.85 08lime2
11BION. EYElime2
14ANGLE ELEMENT, 157,5 DEGR. [3]lime2
4DESIGN ELEMENT, W/ 4.85 HOLEdark bluish gray2
1CARDAN CUP W/ CROSS AXLE, NO. 2dark bluish gray2
3FRAME 11X15dark bluish gray2
2Shell 3x11x2 Ø 4.85 08light bluish gray2
1CARDAN BALL W/ CROSS HOLE, NO. 2light bluish gray2
4TYRE LOW WIDE DIA. 81.6X44noir3
12ROOF TILE 1X1, DEG. 45, W/O KNOBSrouge3
3CROSS BLOCK 3Mlime3
62M FRIC. SNAP W/CROSS HOLElime3
7CROSS BLOCK 3X2lime3
11RIGHT PANEL 2X5 (N0 21)lime3
15DOUBLE BUSH 3M Ø4.9lime3
4RIGHT PANEL 2X5 (N0 21)noir3
4LEFT PANEL 2X5 (NR 22)noir3

La construction

Boîte 1 – Boîte de vitesses et suspension arrière

La boîte numéro 1 contient 10 sachets de pièces. 7 portent le numéro 1, et 3 ne sont pas numérotés. Sa construction s’étale sur 181 étapes.

La construction commence par l’essieu et la suspension arrières. La conception est assez “classique” : on place un différentiel au centre, et deux parallélogrammes déformables sont reliés à des amortisseurs. Ils sont ici légèrement comprimés et il faut une certaine force pour les enfoncer un peu plus. Un petit sous-assemblage, situé dans le parallélogramme, permet de limiter la course.

Nous attaquons ensuite la boîte de vitesses, qui se base sur les nouveaux grands cadres Technic. Elle se compose essentiellement de deux “couches” d’engrenages, surmontés par un petit sous-assemblage complémentaire. La construction est ici plutôt complexe et il faudra être vigilant si on veut s’assurer du bon fonctionnement de l’ensemble. Et notamment à ne pas trop serrer les engrenages sur les beams et autres cadres – et à bien positionner les sélecteurs oranges.

On attache la boîte à l’essieu arrière, et on complète le châssis. Remarquez ici les deux pièces oranges qui dépassent, et les deux pièces grises reliées par un élastique : ce système permet “d’indexer” les vitesses en ne permettant que des quarts de tour. Les pièces jaunes situées juste devant assurent l’ordre de passage des vitesses sur les deux axes supportant les sélecteurs.

On prolonge ensuite le châssis, avant de prolonger également la transmission et le système de sélection de vitesses pour venir le placer côté conducteur. Un sélecteur complémentaire permettra également la sélection D/N/R. Le système transmettant le mouvement des palettes à la boîte de vitesses est également très joliment conçu : le système est maintenu en place par un élastique et permet, suivant le côté que l’on tire, d’actionner une angular wheel qui sera plus tard connectée à la boîte.

Boîte 2 – Moteur et suspension avant

La deuxième boîte continent pas moins de 9 sachets de pièces portant le numéro 2. Et ici, ce sera un total de 201 étapes de construction.

Nous commençons cette étape avec la construction du moteur. Si vous êtes un habitué de la gamme LEGO Technic, vous ne serez pas dépaysé par sa conception. Mais peut-être par sa taille : rappelons que le bolide embarque un V12 ! On fixe ce moteur au châssis, au-dessus de la boîte de vitesses, puis on connecte les différents axes.

Nous nous occupons ensuite de l’essieu avant. Sa conception est très similaire à celui de l’arrière, à une différence près que vous aurez devinée : il intègre la direction. Pour le reste, c’est pareil : deux parallélogrammes déformable, deux amortisseurs par côté, et un système permettant de limiter la course. Sur l’avant, deux roues folles et un engrenage transmettront le mouvement du volant à une crémaillère.

Nous complétons ensuite le système qui permet de transmettre le mouvement des palettes, puis nous nous occupons de la console centrale. On y ajoute quelques beams, et le sélecteur D/N/R.

La suite de cette étape sera essentiellement cosmétique, avec pour commencer des canalisations fixées de part et d’autre du moteur, utilisant de façon astucieuse un tuyau souple. Des cadres complètent les côtés de la voiture à cet endroit.

On construit alors un grand carter pour la partie supérieure du moteur – on utilise ici nos premières pièces tampographiées. Il est bon de noter (j’ai presque envie de dire “encore heureux”) que le set ne contient aucun autocollant. On agrandit légèrement les palettes, puis on s’occupe de l’axe de direction. Deux joints de cardan transmettent le mouvement du volant vers la charnière située à l’avant. Veillez ici à bien disposer les différents axes, si vous voulez avoir un volant droit par la suite lorsque les roues seront droites. Pour cela, l’extrémité doit être en position “+”, plutôt que “x”.

On complète la console centrale autour du sélecteur D/N/R, puis on vient couvrir la partie avant avec deux grands sous-ensembles. Ceci achève cette 2ème boîte de pièces.

Boîte 3 – Détails intérieurs et sièges

La boîte numéro 3 contient 8 sachets portant le numéro… 3. Cette phase de construction compte 198 étapes, et s’étale sur la fin de la première notice d’instructions et le début de la seconde jusqu’à l’étape n°580.

On commence cette boîte numéro 3 avec la première partie du mécanisme de l’aileron. Devant le futur siège passager, une manette est reliée à une tige mettant en mouvement un parallélogramme déformable, qui reporte ce mouvement jusqu’à l’arrière de la voiture et assure la robustesse du mécanisme.

On passe alors à une partie purement cosmétique : la construction des deux sièges. Leur assemblage est assez complexe et le rendu est plutôt convaincant. On les fixe sur une structure noire, elle-même reliée au châssis de la voiture. Admirez ici un très joli détail : le logo Lamborghini, tampographié sur l’appui-tête.

On construit ensuite deux sous-ensembles, identiques à la symétrie près. Ils prennent place au niveau des bas de caisse, et comportent le système qui permettra ensuite l’ouverture des portières en élytre depuis un petit mécanisme dissimulé près du moteur. En appuyant sur un beam, on soulève le petit ball joint situé sous la portière, ouvrant alors celle-ci.

On s’intéresse ensuite au tableau de bord, d’abord côté conducteur où les compteurs (une tile tampographiée) sont ajoutés sont deux panels disposés en vis-à-vis. Côté passager, deux autres panels complètent le tableau de bord. Nous ajoutons également le volant et son logo tampographié. Je trouve malheureusement dommage que le volant ne soit pas légèrement incliné : il est particulièrement proche du siège dans cette position.

On continue avec l’arrière de la machine où on ajoute des renforts au-dessus du moteur. On complète alors l’arrière avec un sous-ensemble mis en mouvement par la biellette en provenance de l’avant, qui soulève la base de l’aileron. Des axes guident ce mouvement verticalement.

On termine cette étape avec la portion de structure séparant l’habitacle du compartiment moteur et un morceau du toit de la voiture réalisé avec des éléments System.

Boîte 4 – La carrosserie arrière

La boîte numéro 4 contient les sachets portant le numéro 4, et il y en a 10 au total. Cette partie de construction, la plus longue, s’étale sur un total de 277 étapes.

On commence cette étape par deux sous-assemblages pour les pots d’échappement, réalisés avec quelques pièces System pour obtenir leur forme caractéristique. On continue d’habiller cette partie de la voiture avec quelques panels et une petite tile tampographiée Lamborghini.

On construit alors deux sous-ensembles pour les feux stops. Ces sous-ensembles comprennent des pièces System au centre pour les feux, le reste de l’assemblage étant naturellement réalisé à base d’éléments Technic. C’est superbement conçu, le designer ayant réussi à capturer des angles improbables.

Nous nous occupons ensuite des ailes arrières où l’on installe les deux énormes passages de roues créés pour l’occasion et surmontés de grands panels épousant à merveille leur forme. Forme soulignée également par l’utilisation de quelques éléments souples. On installe ensuite deux sous-ensembles noirs qui, sur la vraie voiture, portent le numéro 63 (le nombre de Sián produit). Cette mention est absente ici, et c’est un peu dommage.

Au niveau des bas de caisse, un immense panel vert prend place et une pièce souple noire vient souligner la forme de la voiture à cet endroit. On ajoute enfin un petit sous-ensemble où le bouchon du réservoir est tampographié, ce qui achève la partie arrière droite de notre bolide. On répète logiquement de façon symétrique les étapes précédentes du côté gauche.

Nous nous occupons alors d’un grand sous-ensemble formant l’aileron. Là encore, le mélange de pièces courbes, d’éléments souples et de panels permet une reproduction très intéressante de la forme de la véritable machine. Malheureusement, les différences de couleur entre les teintes de lime sont ici particulièrement visibles.

On complète alors le toit de la voiture avec de grands panels verts et quelques beams, avant de nous intéresser au dernier sous-ensemble de cette étape : l’immense morceau qui viendra couvrir le compartiment moteur. Les formes caractéristiques de la lunette arrière sont obtenues avec des éléments System fixés sur la structure. De grands panels situés tout autour reproduisent encore une fois les formes de la machine de manière très élégante. Le détail qui tue : trois tiles (une verte, une blanche et une rouge – les 3 couleurs du drapeau italien) sont fixées sur le côté de ce sous-ensemble. Seule la tranche reste visible une fois le tout posé et c’est vraiment joli. Car oui, cet ensemble n’est pas fixé mais simplement posé et guidé par deux axes, afin de pouvoir être facilement retiré pour admirer l’intérieur.

Boîte 5 – La carrosserie avant et les portières

Cette cinquième boîte s’étale sur un total de 211 étapes, pour 8 sachets portant le numéro 5.

On commence par y construire un grand sous-ensemble qui prend place sous les feux. Là encore, les courbes sont reproduites par des panels de forme adaptée et une pièce souple au centre. On rigidifie cet assemblage avec des cadres judicieusement disposés. Cachée à l’intérieur, une tile gravée porte un numéro unique à aller échanger sur le site dédié pour accéder à un contenu exclusif réservé aux possesseurs de la machine. J’y reviendrai dans ma conclusion, mais rien de transcendant à ce sujet.

On s’occupe ensuite des feux si particuliers de la voiture et là encore, la conception est un vrai morceau de bravoure de la part du designer. Les LEDs blanches allongées sont ici réalisées avec de grandes tiges blanches, des éléments Technic permettant de les orienter dans l’angle désiré. Un premier sous-ensemble contient deux tiges, on fixe ce dernier sur la structure avant de construire un second sous-ensemble, plus petit, qui vient compléter la partie supérieure de l’optique.

On complète un peu le bouclier, avant de s’occuper du capot dont la conception est assez simple : il s’agit de grands panels plats, recouverts par 4 très grandes pièces courbes pour obtenir la forme désirée.

On s’occupe alors des fameuses portière et là encore, la conception est intéressante. C’est ici une biellette fixée sur un ball joint côté châssis et côté portière, qui permet de soulever la portière en actionnant le mécanisme dissimulé juste derrière l’habitacle. Pour les refermer, il suffit d’appuyer sur celles-ci qui finissent par retomber sous leur propre poids.

On complète alors les passages de roues, réalisés d’une manière similaire à ceux vus à l’arrière. On souligne les formes du pare-brise avec quelques beams et des pièces souples, avant de terminer cette étape par l’ajout des étriers de freins rouges tampographiés. Ils sont clipsés sur une petit tige à l’arrière du disque à l’aide d’un robotic arm.

 Boîte 6 – Les roues

La boîte numéro 6 ne contient en fait que les 4 jantes, chacune emballée dans un sachet plastique, et les 4 pneus. Les pièces restantes de la boîte numéro 5 vont nous permettre de réaliser les 16 dernières étapes de construction.

On commence donc par ajouter les 4 sublimes jantes dorées et leurs pneus taille basse. Au milieu des jantes, on retrouve la petite tile ronde tampographiée du logo Lamborghini déjà vue au niveau du volant.

On termine la construction avec deux petits accessoires : un bagage, à mettre dans le coffre avant, et un petit support orné d’une tile tampographiée du nom de la voiture.

Verdict

L’avis que je vais rendre est, par nature, subjectif. Nous aimons nos sets LEGO pour des raisons différentes, et aucun avis n’est “bon” ou “mauvais”. Il reflète juste le ressenti de celui qui l’exprime, et c’est d’ailleurs ça qui est intéressant.

50 nuances de vert

Je vais évacuer ce premier sujet tout de suite. J’ai d’ailleurs choisi de tester ce set en connaissance de cause, après en avoir vu/lu d’autres un peu partout sur la toile. Oui, de vraies différences de teinte existent dans la couleur verte lime choisie pour la livrée de la voiture. Cet écart est surtout visible au niveau des connecteurs, nettement plus jaunes que les autres pièces. Mais, même entre des beams placés côte à côte, ou des panels de mêmes dimensions placés en vis à vis, des écarts subsistent.

Pour un set vendu à ce prix et destiné à être fièrement exposé, les acheteurs sont en droit de demander mieux que cela. Pour une marque qui prône que “Seul le meilleur est suffisamment bon”, c’est dommage. Et c’est d’ailleurs le seul vrai défaut de ce set car, vous le lirez juste en-dessous, il est quasiment irréprochable sur tous les autres aspects. Quand à ceux qui disent qu’il suffit d’appeler le SAV LEGO pour se faire remplacer les pièces défectueuses, manifestement cela ne suffit pas à résoudre complètement le problème – d’après les quelques retours que j’ai pu lire.

Un design malgré tout réussi

Car oui, si on regarde la bête dans son ensemble en faisant abstraction de ce sujet clivant (oui, je sais, ce n’est pas facile), c’est quand même franchement joli.

Concernant la forme générale, les différents panels et autres éléments constituant la carrosserie s’assemblent à merveille, et réussissent à capturer le côté presque “organique” de la machine. On regrettera peut-être quelques endroits un peu plats comme le toit, surtout en regardant la voiture de côté, ou quelques espaces vides. Mais il était, à mon avis, difficile de faire beaucoup mieux avec des pièces LEGO. Surtout que de nombreux éléments ont été introduits avec ce set dont de jolis passages de roues abaissés s’associant parfaitement avec des panels incurvés déjà existants mais recolorés pour l’occasion.

Quand on regarde dans les détails, c’est également très bon. Les éléments les plus remarquables étant peut-être les jantes dorées spécialement créées pour la Sián, laissant apparaître les étriers de freins tampographiés. Pour rester à l’extérieur, la conception des phares et de leur forme si particulière est un vrai morceau de bravoure – les tiges blanches qui les composent s’assemblant à merveille. Cette remarque est également valable pour les feux arrières dont les formes sont soulignées avec… des bras de suspension ! Admirez enfin comment est réalisé l’arrière de la voiture avec ce sublime aileron, ou encore les 3 tiles laissant apparaître le drapeau italien enfichées dans la lunette arrière. Il y aurait encore beaucoup à en dire, mais je crois que les photos parlent d’elles-mêmes.

Côté intérieur, c’est également réussi avec de jolis sièges – pour lesquels je m’interroge néanmoins sur le choix de la couleur. Les compteurs sont tampographiés, mais le volant parait un peu bas. Du côté des améliorations possibles, il aurait pu être intéressant de prévoir des garnitures de portières ou un habillage un peu plus avancé de la console centrale.

Point particulier souvent peu évoqué, on appréciera ici également le traitement réservé à la face inférieure de la voiture. L’ensemble est plat, propre et net, hormis une ouverture : un cadre de 11×15 permet ainsi d’admirer directement le fonctionnement de la boîte de vitesses et ça, c’est aussi très bien pensé. Ces gros modèles Technic ont souvent de beaux arguments qui se retrouvent planqués dans leurs entrailles.

Comme les autres sets “collector” de la gamme LEGO Technic, notre Lamborghini dispose d’une tile tampographiée d’un numéro unique à aller échanger sur le site LEGO. N’attendez ici rien de fantastique : un Certificate of Ownership à votre nom avec le numéro de série en question, et quelques fonds d’écrans / posters / sonneries à télécharger. Autre aspect “collector”, je trouve la petite tile mentionnant le nom de la voiture plutôt superflue.

Je finirai ce paragraphe dédié au design par un point important : on ne voit pas l’ombre d’un autocollant dans cette boîte, toutes les pièces décorées étant tampographiées. J’ai presque envie de dire “encore heureux”, mais force est de constater que c’est encore loin d’être automatique chez LEGO, y compris dans les sets les plus chers.

Une expérience de construction hors norme

Et cette expérience commence dès le déballage de la boîte, dont la conception est admirable à tous points de vue. Dès l’ouverture, on sent que LEGO a mis les petits plats dans les grands pour nous offrir une expérience “premium”. Deux grosses notices d’instructions sont incluses et, au démarrage de la construction de chacune des boites, des petites vidéos sont visionnables à l’aide d’un QR-code et permettent notamment d’en apprendre plus sur la genèse du modèle LEGO et de son alter ego. Je sais que cet aspect “boite” paraitra insignifiant pour beaucoup d’entre vous mais en ce qui me concerne, j’ai franchement apprécié l’effort.

Ce qu’on attend de tout set de la gamme LEGO Technic, c’est justement de la technique. J’y reviendrai un peu plus bas dans les fonctionnalités intégrées mais c’est également vrai pour le processus de construction. Qu’il s’agisse des éléments techniques comme la boîte de vitesses ou les portières en élytre, ou d’éléments esthétiques comme les superbes phares et les panneaux de carrosserie, c’est superbement conçu. C’est d’ailleurs parfois un peu difficile, il faudra surtout être attentif pour ne pas faire d’erreurs. Surtout lors de la construction de la boîte de vitesses, si on veut être sûr que tout fonctionnera correctement ensuite.

Bref, moi qui ne suis pas un spécialiste de cette gamme, je me suis franchement régalé. Prévoyez cependant un peu de temps devant vous : il m’a fallu une bonne dizaine d’heures, peut-être un peu plus, pour en venir à bout.

Une technique irréprochable au service du design

Au delà des techniques de construction, on attend également de la gamme LEGO Technic un lot de fonctionnalités et ici aussi, notre Lamborghini en a sous le capot. Commençons par le plus simple : un capot qui s’ouvre, et une lunette arrière simplement posée et guidée par deux axes permettant d’admirer le moteur en train de tourner lorsqu’on fait avancer la voiture. Petit regret à ce stade, le gros carter cache une bonne partie du moteur et ne laisse pour ainsi dire que deux pistons visibles de l’énorme V12.

Moteur V12 qui entraîne une transmission assez impressionnante. La première sélection se fait au niveau de la console centrale avec un sélecteur DNR. En marche arrière, la boîte est court-circuitée et nous n’avons donc bien qu’une seule marche arrière. En mode “neutre”, logiquement, rien ne bouge. Enfin, en marche avant, le déplacement de la voiture entraine le moteur grâce aux 8 rapports de la boîte. Et ce même si la vraie Sián ne comporte que 7 rapports – mais la conception d’une boîte de vitesses LEGO autorise difficilement un nombre de rapports impair.

Les rapports montent en poussant le levier sur la droite du volant, et descendent en poussant sur la gauche. Vous me direz que c’est monté à l’envers – c’est d’ailleurs aussi le cas du sélecteur DNR pour lequel la marche avant est plutôt enclenchée en poussant le levier dans la position la plus “basse possible – et vous aurez raison. Mais le designer a fait ce choix qui se justifie assez aisément pour des raisons de jouabilité. Pousser le sélecteur vers l’avant pour avancer, ça semble plutôt naturel. Le seul reproche qu’on pourra formuler au sujet de cette boîte, c’est qu’une fois arrivé en 8ème, aucune butée n’empêche de repasser en première en montant encore un rapport. C’est d’ailleurs ce qui permet assez facilement de retrouver dans quel rapport on se situe, en observant le mouvement des pistons qui ralentit à mesure que les rapports montent, pour une vitesse de déplacement égale de la voiture. C’est d’ailleurs également assez impressionnant d’observer la “résistance” à la poussée de la voiture qui diminue à mesure que les rapports montent, le moteur ayant besoin de moins tourner.

Autre fonctionnalité impressionnante et bien intégrée, le mécanisme d’ouverture des portières. Une poussée sur un levier dissimulé à l’arrière de l’habitacle entraîne un système de biellettes qui finit par soulever la porte tout en l’écartant de l’habitacle – en “élytre” du nom des ailes de certains insectes. Ce même mécanisme ne permet pas la fermeture des portes mais si elles tiennent seules en position totalement ouvertes, une petite poussée suffit à les refaire descendre en place.

On notera également le mécanisme de soulèvement de l’aileron, grâce à un levier actionnable à l’avant du siège passager. L’aileron est guidé par des axes verticaux. Enfin, comme toute voiture LEGO Technic qui se respecte, la direction est fonctionnelle. On regrettera malheureusement, la faute au poids de la machine et à la taille des pneus, qu’il est assez difficile de tourner le volant une fois la voiture posée au sol. Poids qui pour le coup est bien supporté par le système d’amortisseurs, légèrement pré-comprimés et qui permet d’éviter l’un des principaux écueils du set 42083 Bugatti Chiron.

Un inventaire conséquent

3696 pièces pour un peu moins de 380€, ça semblerait presque honnête pour un set sous licence. Sauf qu’il ne faut pas oublier qu’une grande partie de ces pièces consiste, avec la gamme LEGO Technic, en de petits pins et autres connecteurs divers et variés. On pourra donc trouver ce set assez cher en le comparant à ses comparses de la même gamme.

Il faut néanmoins relativiser car l’inventaire est quand même plutôt riche. Je crois que je n’avais jamais fait, jusqu’ici, un tableau récapitulatif des pièces rares aussi long. Il faut dire que le choix de la couleur lime a imposé de recolorer de nombreux éléments. On notera également l’arrivée de nouveaux moules et une belle collection d’éléments tampographiés. Même je ne crois pas que de nombreuses personnes achèteront ce set uniquement pour les pièces qu’il contient, l’inventaire est donc somme toute plutôt honnête pour le prix demandé. Surtout que vous retrouverez ce set à des prix bien inférieurs chez les revendeurs habituels.

Pour résumer

Que vous soyez collectionneur, fan de Lamborghini ou plus simplement de la gamme LEGO Technic, ou même amateur de belle mécanique, vous devriez trouver de quoi vous faire plaisir avec ce set. Il n’est certes pas parfait, la faute à une couleur de carrosserie inconstante ou à quelques approximations techniques, mais il reste de très bonne facture. Et il est sacrément impressionnant, et fera sans aucun doute son petit effet auprès de vos invités !

Voilà, j’espère que vous aurez trouvé dans cet article de quoi vous faire une opinion sur ce modèle. Vous le trouverez sur le [email protected], à cette adresse ou encore chez Amazon ou à la FNAC. N’hésitez pas à partager votre point de vue, en intervenant dans les commentaires un peu plus bas !

Merci à LEGO pour la fourniture du set pour cette review. La fourniture d’un set ne garantit en rien une review positive, et tout ce que vous avez pu lire dans cet article est l’expression de ma propre opinion.

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15 Commentaires
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BennyBrickz

Merci pour la review !
C’est une superbe pièce.
J’espère que je n’aurais pas de différence de teinte sur la mienne non plus, je l’ai acheté bien après sa sortie

Cuzion

Merci pour cette excellente review tout en détails.
Je n’ai jamais monté de Technic mais à te lire, ça semble assez plaisant, surtout avec ce set. J’apprécie que LEGO fasse des sets de cette qualité sans autocollants et au design reconnaissable de loin, autant pour la voiture que pour la gamme.
Dommage ce défaut de couleur qui se croise dans plusieurs sets de différentes gammes.
Pour la prise de photos, vu la bête, tu as eu assez d’espace avec ton installation photo?

Le Tonyz

Belle review bien détaillée ! Pour du Technic, la réalisation est vraiment soignée grâce à toutes ces nouvelles pièces de carrosserie. Les fonctionnalités, surtout la boite de vitesse, est une belle prouesse. LEGO ne cesse de s’améliorer à ce niveau. Et le fait d’avoir aucun autocollant, ainsi que qu’une belle boite justifie un peu plus le côté premium et le prix du set. Son seul point négatif reste ces nuances de couleurs, c’est très dommage, surtout avec une couleur aussi originale. Dans la gamme, je ne cherche pas à collectionner ce type de voiture, mais elle donne envie au moins… Lire la suite »

Thomas Lego

Merci pour cette superbe review😃 !

Ton travail est tout simplement très bon ! Un vrai plaisir de te lire, comme toujours !
Ce set est impressionnant, riche en détails est très beau. Le prix est en effet un peu élevé, mais le modèle est très beau. En effet, il y a beaucoup de pièces rares. Je suis toujours impressionné par les sets disposant d’autant de détails de motorisations et d’une boite de vitesse. Sans doute un vrai plaisir à monter.

Bonboizel

Superbe review et en plus peu abordée sur les blog francophone 😉

Simicro

Au fait, j’ai remarqué que désormais tu mets un mini logo Brickonaute en fondu dans les photos. Il y a eu des soucis de copier-coller dans le passé ? Ou c’est juste pour le principe du copyright ?

Simicro

Superbe review. Merci ! La tringlerie interne est impressionnante, comme souvent avec des sets Technic de cette taille. Je sais que c’est un Technic mais c’est dommage qu’il y ait autant de “trous”, en particulier au niveau du capot et des portières. De mon point de vue l’optimum serait un extérieur en LEGO classique et in intérieur en LEGO Techic, notamment pour la tringlerie.

Elvis

Quelle longue et magnifique review !
Merci pour les petites astuces tout au long du montage : ça m’évitera bien des bêtises quand je m’y mettrai.
Hâte hâte hâte !