LEGO s’attaque de nouveau à l’un des ponts les plus reconnaissables au monde avec ce nouveau Tower Bridge. Le monument londonien avait déjà eu droit à sa propre interprétation en 2010, dans la gamme Creator Expert, sous la référence LEGO Creator Expert 10214 Tower Bridge (4 287 pièces, 219,99 € au lancement). Quinze ans plus tard, l’équipe LEGO Architecture en propose une version plus compacte avec ce set 21067 Tower Bridge.
Expérience de construction
25 sachets numérotés, plus 2 sans numéro, pour une notice de 300 pages et toujours aucun autocollant : tout est tampographié. Comptez environ 7 heures de construction, mais la répétition est le maître mot ici : la construction est parfaitement symétrique…
Les sachets 1 à 8 permettent de construire une première moitié du pont, les sachets 9 à 16 sa moitié jumelle à l’identique (on peut les enchaîner, les mener de front, ou même les répartir à deux constructeurs). Le sachet 1 pose la base noire, avec les tiles noires habituelles de la gamme Architecture sur le pourtour et des tiles bleues translucides pour figurer l’eau de la Tamise. Le sachet 2 construit la base de la pile du pont, arrondie à l’extérieur et plate dans l’axe, renforcée à l’intérieur par des beams Technic. Le sachet 3 assemble le tablier extérieur (la partie fixe, pas la partie levante) à part avant de le fixer au pont, avec ses barrières blanches, ses tiles grises pour la route et ses tiles bleu vif en tranche extérieure.
Le sachet 4 s’attaque au tablier intérieur, celui qui est mobile, monté sur des jonctions à cliquet — un joli travail de la face inférieure avec des tiles obliques qui forment les renforts du tablier à cet endroit, avant fixation au pont et complément des piles. Le sachet 5 termine les piles et ajoute l’arche au-dessus de la route. Les sachets 6 et 7 construisent les deux premiers niveaux de la tour avec des sous-ensembles en SNOT pour les fenêtres et un sous-ensemble bleu glissé à l’envers dans la construction pour les parois intérieures, et le sachet 8 termine ce deuxième niveau. Les sachets 9 à 16 reprennent exactement la même logique pour l’autre moitié.
On ouvre ensuite les sachets 17 et 18 ensemble : ils forment la jonction des deux moitiés avec un gros sous-ensemble à base d’éléments Technic pour la partie supérieure du pont, la passerelle suspendue. Les sachets 19 à 21 puis 22 à 24 terminent chaque tour au niveau du point d’attache de cette passerelle, sur le même principe que les niveaux précédents avec quelques variantes pour les bases des tourelles. Le dernier sachet, le 25, concerne les véhicules microscale du pont, dont le fameux bus londonien à impériale.
Pour résumer, la construction est assez simple et convenue, et à la portée de tous les constructeurs. Vous ne trouverez pas ici de « techniques » de construction particulières, et pour limiter la monotonie n’hésitez pas à étaler l’assemblage sur plusieurs jours.
Design
Avec 89 cm de large, 35 cm de haut et 19 cm de profondeur, ce nouveau Tower Bridge est nettement plus compact que son illustre prédécesseur 10214 et ses 102 x 45 x 26 cm. La réduction se voit aussi dans le détail : les tourelles des grandes tours passent de 4 à 2 studs de large, l’espacement entre les tours de 12 à 8 studs, et les véhicules microscale (bus à impériale, voitures) d’une largeur de 2 à 1 stud.
Le résultat est néanmoins plus fin et plus détaillé – la disposition des fenêtres et balcons est par exemple plus fidèle, mais aussi plus discutable sur d’autres points : les quatre petites tourelles au sommet des tours troquent le style octogonal du vrai monument contre un effet « escalier » moins convaincant, et le sand green retenu pour les toitures n’était peut-être pas le plus adapté.
On ne retrouve toujours, comme en 2010, que la travée centrale du pont, sans les deux tronçons qui rejoignent les rives de la Tamise (il y a deux autres tours, plus petites, aux extrémités) — une occasion manquée d’aller un peu plus loin que le simple copier-coller modernisé.
Les grands câbles du pont ne sont plus brick-built comme sur le 10214, mais conçus à partir de longs éléments flexibles, un choix qui donne un rendu plus propre et plus rapide à assembler. Le socle profite également d’une vraie montée en gamme : l’encadrement noir caractéristique de la gamme Architecture et de nombreuses tiles transparentes remplacent les tenons apparents pour figurer l’eau de la Tamise.
L’ouverture des « bascules » centrales fonctionne, mais l’amplitude reste limitée : les rambardes viennent buter assez vite contre la base des tours. Il faut dire que contrairement au vrai pont, dont le mouvement repose sur des contrepoids logés dans la base des tours (les bascule chambers, qui donnent leur nom à ce type d’architecture), le modèle LEGO ne reproduit pas ce mécanisme : le pont est simplement maintenu ouvert par des charnières à crans, les mêmes que l’on retrouve sur les animaux ou autres personnages articulés.
Bonne affaire
Avec 299,99 € pour 3 745 pièces, le set LEGO Architecture 21067 Tower Bridge affiche un ratio de 0,0801 €/pièce. Face au 10214 de 2010 (219,99 € pour 4 287 pièces, soit 0,0513 €/pièce à l’époque), l’écart est net : le nouveau modèle compte 542 pièces de moins (-12,6 %) mais coûte 36,4 % plus cher, une hausse qui dépasse largement l’inflation sur la période.
À titre de comparaison dans la gamme actuelle, le set LEGO Architecture 21063 Neuschwanstein Castle (mon test) fait légèrement mieux avec 0,0782 €/pièce (3 455 pièces à 269,99 €). Les formats plus compacts de la collection s’avèrent nettement moins avantageux : le set LEGO Architecture 21064 Paris – City of Love (mon test) grimpe à 0,0835 €/pièce (958 pièces, 79,99 €), et la référence LEGO Architecture 21066 New York City – The Big Apple atteint 0,0955 €/pièce (1 465 pièces, 139,99 €). La référence du genre reste la très réussie 21061 Notre-Dame de Paris, à 0,0525 €/pièce (4 383 pièces, 229,99 €).
Le Tower Bridge se situe donc dans la moyenne haute des grands formats Architecture actuels — correct sans être exceptionnel — mais représente une régression nette de valeur par rapport à son prédécesseur de 2010, même en tenant compte de l’inflation.
Conclusion
Ce nouveau Tower Bridge coche beaucoup de cases : une finition impeccable pour la gamme Architecture actuelle (aucun sticker, tiles imprimées soignées, socle propre), une construction reposante qui file vite malgré la taille du modèle, mais qui reste franchement répétitive et peu surprenante une fois qu’on a compris le principe des deux moitiés symétriques. Le vrai point noir, c’est le prix : 36 % plus cher que le 10214 de 2010 pour 542 pièces en moins.
Ce set s’adresse surtout à ceux qui n’ont jamais possédé le 10214 et veulent une version plus compacte et plus moderne du monument, quitte à sacrifier un peu de démesure et de challenge de construction. Les nostalgiques du modèle 2010 auront plus de mal à trouver de bonnes raisons de remplacer leur exemplaire — les tourelles moins fidèles et l’amplitude d’ouverture limitée n’aideront pas à les convaincre. Pensez aussi à mesurer votre espace d’exposition avant de craquer : avec près de 90 cm de long, le modèle reste encombrant, et les extrémités du tablier n’apprécieront pas un coup de coude malheureux.
Vous retrouverez toutes les photos de cet article, ainsi que quelques autres, à cette adresse.
Voilà, j’espère que vous aurez trouvé dans cet article de quoi vous faire une opinion sur ce set. Vous le trouverez sur le Shop@Home, à cette adresse. Merci à LEGO pour la fourniture du set pour cette review.

